BLANQUEFORT. Le comité de soutien et de sauvegarde de l’emploi industriel du site de Ford lance un appel à la population pour qu’elle se mobilise avec les salariés

Solidaires avec les salariés

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Laurie Bosdecher
Ils veulent apporter du carburant à la mobilisation des  salariés de Ford et
faire monter la pression à leurs côtés. «  Nous  ne sommes pas là pour 
remplacer la lutte des employés  et la bataille des élus mais nous  agissons
 en complémentarité,   explique Christiane Crespo.  Notre but est de
sensibiliser et mobiliser les citoyens et les élus sur ce dossier. »
Créé fin février suite au blocus du site pendant une semaine   par les
salariés, le comité de   soutien et de sauvegarde de   l'emploi industriel
du site de Ford, lance aujourd'hui un appel à la population girondine. 
« Les   citoyens doivent se mouiller le   maillot sur ce dossier. Si Ford  
ferme, tout le monde héritera du   désastre », clame Francis Wilsius,
secrétaire du comité d'entreprise.
Et le collectif, outre les  1800 salariés menacés par la fermeture du site,
pointe le danger  pour les quelque « 9 000 emplois   induits par Ford dans la région»

3 900 signatures.  Être vu et  se faire connaître. Voilà les  premières missions du comité  qui organisait hier matin un  point presse. Chaque jeudi, à  18 h 30, une quarantaine d'habitants des environs de Blanquefort, salariés et syndiqués  qui composent ce collectif se  réunissent.
De leur boîte à idées, sont  déjà sortis des T-shirts, banderoles et pare-soleil estampillés  « Ford, sauvons les emplois » que  l'on commence à voir les pare-brise des voitures. Ce même slogan. fleurira aussi sur la foire  internationale de Bordeaux où  un stand leur a été réservé.  « Nous serons de toutes les manifestations en mai et juin »,  annoncent-ils également.
Autre initiative du comité : la  rédaction d'une lettre pétition  qui à ce jour recueilli 3 900 signatures. Le même appel a été envoyé par courrier aux 542 mairies de Gironde.
Plusieurs conseils municipaux ont dans la foulée voté des motions de soutien aux salariés de Ford ou appelé à parapher la pétitio

« Maintenir la pression ».  « Nous avons besoin d'un rassemblement fort, puissant de citoyens. Car la crise que traverse Ford pose une autre question sous-jacente : celle de l'avenir de l'emploi industriel sur l'agglomération », argumente Max Guichard, élu communiste.
Le fait d'enfoncer le clou, hier matin, n'était pas anodin. À deux jours de l'élection du nouveau président de la CUB, le
comité dit vouloir « mener une interpellation suivie des élus » pour qu'ils mouillent  réellement eux aussi leur chemise dans le dossier et prennent en compte la proposition des salariés de reconvertir le site en y fabricant des véhicules électriques.
Présent dans la salle avec deux autres élus blanquefortais, le maire Vincent Feltesse, s'est dit solidaire avec ce mouvement mais aussi très impliqué dans le dossier.
Face à un certain fatalisme ambiant autour l'avenir du site, le comité .réussira-t-il vraiment à mobiliser la population ? « Mais, il n'y a pas de fatalité ! », insiste Christiane Crespo.
Quand on casse les pieds à quelqu'un, au bout d'un moment, il en a forcément marre et finit par céder, sourit Francis Wilsius. Cette pression n'a rien d'inutile. »
« Et nous, on a besoin des citoyens pour nous épauler dans notre mobilisation  » lance aussi un salarié.

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Sud-Ouest
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Jeudi 17 avril 2008